Un an d'échange à l'Illinois Institute of Technology of Chicago, ou lorsque le petit marseillais se rend au pays de l'oncle Sam et de Burger King... Au fan de pied il est pas fada ce minot?! Peuchère, à aller tchatcher avec les Ricains pendant un an, il va nous revenir complètement chèvre. Enfin, lui au moins il se cague pas!

lundi 20 octobre 2008

Franck Lloyd Wright's studio


Hier il faisait un temps du tonnerre: grand soleil, frais, un peu de vent... Un temps à sortir de chez soi, que l'on ait quelque chose à y faire ou pas. Personnellement, vu que tous mes examens de mi-semestre était passés, je n'avais rien à faire chez moi et j'avais décidé d'aller faire un tour sur le Lake Shore Path histoire de voir un peu comment c'est avec du vent. Samedi la forêt, dimanche la mer (enfin le lac, mais je vous promets qu'on dirait la mer), c'était parfait.
A midi, j'ai retrouvé Skyppi et Ronny (aus Deutschland) pour subvenir ensemble aux besoins de nos estomacs respectifs (pour bouffer quoi). J'attendais le moment opportun pour leur proposer ma petite promenade côtière mais Skyppi m'a devancé. Il avait trouvé dans son bouquin sur Chicago que l'on pouvait visiter la maison, le bureau et les oeuvres de Franck Lloyd Wright.

Personnellement, je n'avais jusque là jamais entendu le nom de ce type. Sûrement pas un joueur de première division, ou alors un remplaçant qui a passé son temps à couper les citrons sur le banc. Je pose donc la question "Who is he?". Ronny et Skyppi manquent alors de s'étouffer. Ils en perdent leur anglais: "Quoi? What? You do not sait who il est?". Ben non, désolé... Il paraît que c'est un architecte super connu qui a fait des tas de trucs terribles et qu'il faut absolument que je vienne avec eux pour voir ça. En fait, je dois vous dire que Skyppi en connaît un rayon sur le génie civil et l'architecture (ce qui est super pour moi, parce que je peux lui poser plein de questions:-). Il connaît donc Franck Lloyd Wright. Ronny est de la même fibre, mais en plus il fait des études d'architecture. Alors évidemment il connaît tous les architectes par coeur. Moi, je peux m'orienter dans la forêt (peut-être pas aussi bien que le Coupat, un des meilleurs orienteurs Français, mais bon, j'arrive à ne pas me perdre), je peux aussi jouer au volley, faire des voyages monstrueux à vélo et plein d'autres trucs plus terribles les uns que les autres, mais je dois avouer que les architectes c'est pas mon fort. J'ai donc accepté de les accompagner.

Nous voilà donc partis pour un neiborhood plutôt sympathique au nord de Chicago. Les couleurs des arbres étaient magnifiques, même si un peu sur la fin. On arrive devant la boutique où on peut acheter les tickets pour le "tour guide". Il va d'ailleurs falloir que l'on m'explique pourquoi est-ce que la répartition des prix est toujours à peu près la même: gratuit pour les moins de 3ans, 6$ pour les 4 à 16 ans, 8$ pour les 17 à 20 ans, 12$ pour les 21 à 64 ans, 10$ pour les plus de 65 ans. C'est vrai, pourquoi est-ce que les enfants paieraient moins cher? Dans la maison de l'artiste il ne faut pas toucher et être calme. En général les enfants touchent à tout et sont turbulent. Ils devraient donc payer plus cher! Pourquoi est-ce que les plus de 65 ans un rabais? Ils ont une retraite et puis en plus ils posent plein de questions, ce qui fatigue le guide! Non, sincèrement, je ne comprends pas. Le guide parle et tout le monde entend la même chose. Une oreille de jeunes ne consomme pas plus qu'une oreille de vieux ou qu'une oreille de minot non? Enfin, on a déboursé chacun 12$, plus 4,50$ pour Ronny qui a acheté la carte du quartier avec toutes les bâtisses dessinées par ce cher Lloyd. Tiens, paye tes études d'archi!

Comme la visite était à 15h40 et qu'il était 14h, on a décidé d'aller faire un tour dans le quartier pour voir un peu la gueule des maisons. Si samedi j'ai marché plusieurs miles sans que cela ne me procure aucune douleur, l'heure et demi passée à flaner dans le quartier du fou (oui, parce qu'il était pas tranquille ce gars) m'a démonté le dos. En plus, samedi j'ai vu des biches, des lacs, des oiseaux... Des trucs biens quoi. Là, on a vu des maisons. Mais attention les maisons!

A Marseille on a la Cité Radieuse, dessiné par Le Corbusier (le fada, comme dise les Marseillais). Hé bien à Chicago ils ont les maisons du quartier de Oak Park, dessinées par Lloyd. En fait je ne sais même pas si je peux appeler ça des maisons tellement le concept est farfelu. Rien n'est simple. Tout est biscornu, vrillé, rallongé, étiré... On dirait que le gars a cherché à rendre le travail des ouvriers aussi difficile que possible. Je ne suis même pas sûr qu'il avait compris à quoi devait servir une maison.
Sérieux! Pour vous donner quelques exemples, parmi tant d'autres, le grand truc beige sur le toit de la maison en photo est la cheminée. Je ne suis pas sûr que vous puissiez le voir, même en agrandissant la photo, même le rebord des fenêtres est compliqué, et que dire des piliers de la rambarde.
Mais c'est comme dans les procès où l'accusé est disculpé pour cause de folie. Je crois que l'on peut pardonner à Lloyd l'excentricité de ses maisons parce qu'il ne devait pas être seul dans sa tête lui. Pour vous donner une idée, il a habité près de 30 ans dans la même baraque et il a en moyenne, durant toute cette durée, effectuer un changement toutes les deux semaines. Mais pas un changement style "je déplace le vase" ou "je change le porte-manteaux de place". Non, non, des trucs du genre, "je jette tout le mobilier de la cuisine (fait sur mesure) et j'en redessine un autre (qui sera fait sur mesure aussi)" ou alors "je mure cette fenêtre pour donner un style à la pièce" ou encore "je rajoute une cloison pour diviser cette pièce en deux"... Bref, un fou. Et un dictateur en plus!

Il avait des architectes qui travaillaient pour lui (je me demande d'ailleurs comment des gars ont accepté de faire des trucs aussi immondes, j'espère qu'ils ne le faisaient pas exprès et qu'ils étaient bien payés). Pour être sûr que ses employés ne regardent pas par la fenêtre, Lloyd avait placé les ouvertures à 2m30. Pour contrôler les pauses pipi de ses archis, il avait fait une ouverture entre son bureau et le couloir qui menait aux toilettes. Le revers de la médaille, c'est qu'il devait profiter de toutes les odeurs et tous les concerts!

On est donc rentré vers 18h, morts de n'avoir pas fait grand chose, si ce n'est regardé les bêtises d'un gars et visiter son appartement. A ce sujet, si des personnes sont intéressées par la visite de ma chambre à Marseille, je pourrais vous faire le guide, et si vous me faites un résumé de mon blog et bien ce sera même gratuit!

Non, sincèrement, je dois avouer que j'ai appris des choses et que je me suis couché moins bête. Mais quand même, tout cela ne serait peut-être pas arrivé si je n'avais pas attendu "le moment opportun", si je n'avais pas pris pour argent comptant le proverbe: "c'est quand le blé est mûr qu'on le fauche". Si l'auteur de cette petite citation est un copain à vous, je vous conseille de lui dire de m'éviter parce que si jamais je lui tombe dessus il va m'entendre... Ou plutôt il va aller assister à la visite du Franck Lloyd Wright's studio un jour d'automne où il fait super beau. Non mais sans blagues!


3 commentaires:

Sanh a dit…

Nous on a fait mieux... on est allé a falling water!

Nicolas a dit…

Argh salaud, je veux la voir !

Nicolas a dit…

Je ne savais pas Benoît que tu comptais nous proposer d'aller sur le bord de mer ! Promis on y va le weekend prochain... Hum hum... Oui je suis sûr qu'il va faire beau ! :)