Un an d'échange à l'Illinois Institute of Technology of Chicago, ou lorsque le petit marseillais se rend au pays de l'oncle Sam et de Burger King... Au fan de pied il est pas fada ce minot?! Peuchère, à aller tchatcher avec les Ricains pendant un an, il va nous revenir complètement chèvre. Enfin, lui au moins il se cague pas!

mercredi 10 décembre 2008

Petit déj' à minuit, American mode de vie

Alexis, tout content de s'être fait servir par President Anderson (le Monsieur avec le pull rouge)

Dans le dernier post je vous disais qu'il ne se passait pas grand chose dans ma vie en ce moment, mais c'était un mensonge, un gros mensonge. Lorsque l'on est en échange à l'étranger il se passe toujours quelque chose! En fait il se passe tellement de chose que si je voulais tout vous raconter il faudrait que je demande un détachement à IIT, mais il faudrait aussi que vous demandiez un emploi du temps spécial à votre employeur pour pouvoir tout lire dans les temps. Mais avouez que lire mon blog serait bien plus agréable que d'aller travailler!
Voilà, donc en ce moment c'est la "final week", la semaine des partiels. On nous avait dit "vous verrez, il y a des gens qui bossent de partout", "c'est le grand stress pour tout le monde", "impossible d'avoir une chaise dans les salles d'étude"... Je savais que les Marseillais avaient une facheuse tendance à exagérer, mais les Chicagoans sont bien pires! Depuis le début de la semaine, certe il y a des fous qui passent leurs nuits à étudier, mais ce n'est quand même pas la majorité. Il faut dire ce qui est: les partiels de IIT, c'est pas les partiels de l'INSA! Enfin, pour le moment je n'en ai eu qu'un seul, donc peut-être que je vais déchanter. Mais pour le moment "c'est de la petite bère", comme dirait mon pote Québécois Jean-Francis. En France on a un examen à la fin du semestre. Si tu te plantes (hé merde), tu as le droit au rattrapage (wahou la chance), mais si tu te plantes au rattrapage (hé remerde) tu gagnes une entrée gratuite pour la session suivant, c'est à dire l'année d'après (géniale). Ici on a des notes en contrôle continu, ce qui fait que dans de nombreuses matières le "final" ne compte que pour 20 ou 30% de la note finale. En plus de ça, avec tous les homeworks à rendre chaque semai
ne, on est obligé de lire et bosser le cours régulièrement. Les révisions ne sont donc pas trop violentes. Mais il faut tout de même se remémorer ce que l'on a vu début septembre. Je me souviens très bien des sorties dans Chicago mais beaucoup moins de mes premiers cours de fondations. C'est la sélection naturelle des souvenirs, sans aucun doute!
Pour aider les étudiants dans leurs révisions, IIT a mis en place depuis quelques années le "midnight breakfast". L'idée est simple, il paraît que lorsque vous travailler toute la nuit vous avez souvent un petit creux vers 23h. Je ne sais pas si c'est vrai étant donné que je n'ai encore jamais passé de nuit blanche "study party". Comme je suis du genre couche tôt, je ne comptais pas aller à ce breakfast. Honnêtement, est-ce que vous seriez emballés par des steaks, des oeufs brouillés et des pommes de terre à l'huile, le tout innondé de ketchup, entre 23h et minuit?! En plus de ça nous sommes en pleine semaine de DS, donc je pensais que personne n'irait à ce petit déj'. Je ne comptais donc pas aller faire le singe aux Commons entre mardi et mercredi.

Il y a dans toutes les histoires un élément modificateur qui vient troubler le cours tranquille de la vie et qui amène de ce fait un peu d'action. Dans le cas de mon histoire, l'élément modificateur est venu tout d'abord de la météo. Il s'est mis à neiger comme c'est pas permis à partir de 18h. En trois heures tout le campus était recouvert d'une belle couche de poudreuse. Je regardais les flocons par la fenêtre avec une affreuse envie d'aller les rejoindre. Et puis j'ai reçu un coup de téléphone de Skyppi: "hé, t'as vu comme il neige, c'est énorme! Au fait, tu vas au midnight breakfast?" Là je n'ai pas pu résister, l'occasion d'aller faire un tour était trop belle. On s'est donc donné rendez-vous à 22h55 devant le MTCC, le bâtiment où se trouve le beurk de IIT. On avait convenu d'un commun accord que l'on allait juste voir comment c'était aux Commons et puis que l'on rentrait pour pouvoir réviser aujourd'hui. Au lit à minuit, c'était raisonnable.
Le midnight breakfast est un truc de malade! Depuis trois mois que je fréquente ce restaurant scolaire, c'était la première fois que je voyais autant de monde. Une queue pas possible à l'entrée, une difficulté monstre à trouver une place à l'intérieur, un mal fou à accéder à la bouffe. Bref, pire que le Black Friday dans les grands magasins de New York. En plus de ça, ce n'était pas les employés de la Sodexo qui faisaient le service, mais les profs et les cadres administratifs de l'université. Pour tout vous dire, je me suis fait servir un beignet (j' avais dit que pour une pâtisserie...) par le président de IIT. Si c'est pas la classe ça! C'est pas demain la veille qu'Alain STORK, le président de l'INSA de Lyon, viendra nous servir des croissants un soir de partiel entre 23h et minuit! De toute façon il n'y aurait personne pour les lui prendre. Mais là, les beignets sont partis comme des petits pains. En 30mn tous les buffets avaient été pillés. Je vous le redis, je n'avais jamais vu et je ne pouvais même pas imaginer ça avant de le voir.
Mais pendant que je mangeais mon beignet je voyais toute cette neige qui s'entassait dehors. J'étais tout fou et je n'avais qu'une seule envie: aller me rouler dedans. Skyppi était dans le même état que moi. Pire que des gamins! Le problème c'est que personne ne semblait avoir l'intention d'en faire autant... On se dirigeait donc vers une soirée sobre: un beigne
t et au dodo à minuit.
Et puis il y a eu un second élément perturbateur. Les filles de l'équipe de foot (de soccer comme ils disent) sont sorties et ont commencé à se balancer des boules de neige. On s'est alors regardé avec Skyppi: OK, c'est parti. On est donc sorti à notre tour et on a commencé à se canarder de boules de neige. Avec les footeuses qui réglaient leurs comptes à côté, d'autres gars qui s'envoyaient des "snowballs" à qui mieux mieux à côté, on faisait une joyeuse pagaille. Je vous dis, on était pire que des gamins! Alors que les Américains quittaient le champ de bataille (10mn et ils sont "done"), le coloc de Nicolas nous a ensuite rejoint avec un de ses copains. Et puis Fritz, un Français-Indien s'est joint à nous. On a alors fait une mega bataille de boules de neige. C'était terrible. Comme on n'avait pas fait d'équipe c'était chacun pour sa peau. Donc lorsque vous étiez en train de tirer sur un, il y en avait un autre qui vous canardait. Si vous en touchiez un, et vous en preniez immédiatement une dans la figure. C'était géniale. On est resté dehors à jouer jusqu'à 1h de matin. Avec la quantité de neige que j'avais reçue et toute l'énergie que j'avais donné dans la bataille, je suis rentré chez moi aussi trempé dehors que dedans, mais heureux comme tout.

Je ne sais pas si je vous ai dit que l'an dernier j'avais été bien blessé. Je me suis déchiré le bourrelet glénoïdien de l'épaule droite et je me suis dans le même temps luxé l'épaule gauche. Je n'ai donc pas pu jouer au volley la plus grande partie de la saison. En compensation j'ai eu droit à 5 mois de rééducation avec kiné, piscine et tout le tralala. Heureusement
je n'ai pas eu à subir d'opération. Si j'ai eu la patience de faire tout ça c'est parce que je comptais faire une saison de folie avec une équipe américaine. Mais il n'y a pas à Chicago d'équipe de volley digne de ce nom et les gars de IIT sont vraiment des peintres. Je ne vais pas vous faire un topo là-dessus, il me semble que c'est déjà fait. Bref, tout ça pour vous dire que je pensais que toute la rééducation bouffée l'année dernière était inutile. Je pensais ça avant la bataille de boules de neige, plus maintenant! L'an dernier avec mes deux épaules en carton je n'aurai pas pu lancer une boule plus loin que ce qu'un nourrisson peut lancer un ballon de baudruche. Il m'aurait donc été très difficile de pouvoir répondre aux attaques de Skyppi, Fritz et compagnie... D'autant plus qu'après Alexis est venu se mêler à la pagaille. Vraiment, je dois dire que j'ai bien fait de faire toute cette rééducation!
Voilà, pour le compte-rendu de ma soirée de hier. Il n'y a pas à dire, c'était de la balle. Vivement la prochaine chute de neige!! En attendant je vais aller faire de la muscu pour pouvoir lancer les boules plus fort et plus loin. Je vous préviens tous: ça va envoyer du bois à la prochaine snowballs battle!



Skyppi, planqué derrière un lampadaire (ouais, ben on fait ce qu'on peut hein) et Alexis, qui se prépare une maxi boule. Attention, ça va chauffer!




1 commentaire:

Léa a dit…

Qu'il est fada le cousin XD